Tout commence avec un « bis-cuit »
À la fin du XVIIᵉ siècle, des boulangers champenois ont une idée aussi simple qu’ingénieuse : profiter de la chaleur de leurs fours après la cuisson du pain pour faire sécher une nouvelle pâte. Cuite une première fois, puis une seconde fois dans le four encore chaud, cette pâte donne naissance au « bis-cuit », littéralement « cuit deux fois ».
Cette double cuisson lui apporte sa texture croustillante et aérienne… mais surtout une particularité qui fera sa renommée : le biscuit peut être trempé sans se déliter.
D’abord blanc et parfumé à la vanille, il prend peu à peu sa célèbre couleur rose grâce au carmin, utilisé pour masquer les petits points noirs laissés par les gousses de vanille.
Le Biscuit Rose de Reims est né.
1756 : naissance d'une grande Maison Rémoise
En 1756, une biscuiterie artisanale voit le jour à Reims. Ses biscuits, massepains et pains d’épices séduisent rapidement les gourmets.
Quelques années plus tard, les Biscuits Roses sont servis lors du sacre de Louis XVI, en 1775, dans la cathédrale de Reims. La biscuiterie devient alors fournisseur du roi.
Sa réputation dépasse bientôt les frontières de la Champagne. En 1825, un diplôme royal vient reconnaître la qualité de ses spécialités, déjà expédiées jusqu’à Londres et Bruxelles.
Puis, en 1845, un boulanger rémois du nom de Fossier reprend la Maison et lui donne son nom.
Quand le Biscuit Rose devient une icône
Au fil du XIXᵉ siècle, le Biscuit Rose s’installe dans l’imaginaire gourmand français. Il est même cité par Marcel Proust dans Le Côté de Guermantes.
Mais c’est dans les années 1920 qu’il acquiert une nouvelle dimension. Dans les salons et les réceptions, une élégante habitude se répand : tremper le Biscuit Rose dans une coupe de Champagne.
Son biscuit croquant absorbe délicatement les bulles sans se déliter. Sa couleur rose poudré et son voile de sucre glace font le reste.
Le Biscuit Rose devient un rituel, une gourmandise… et un symbole de l’art de vivre champenois.
Les modes passent. Les époques changent. Mais Fossier continue de faire vivre son savoir-faire.